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PASCAL RODIER

Créateur-sculpteur au talent inimitable.


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D’où vient cette idée de la sculpture ?

P.Rodier : Au départ, je crois que c'est une réelle aptitude au dessin, plus précisément à dessiner les formes, à en inventer, à chercher à reproduire un peu n'importe quoi... des éléphants, des vers de terre. C'était des choses que je visualisais assez bien, qui venaient machinalement. C'est de cette envie de sculpture de création que m'est venue l'idée de travailler comme sculpteur chez quelqu'un et c'est comme cela que j'ai contacté l'atelier Leblon-Delienne.
cursus

P.Rodier : Je suis allé simplement les voir avec les réalisations que j'avais faites pour passer le temps. Il s'est trouvé que cela correspondait à ce dont ils avaient besoin à ce moment-là et ils m'ont proposé de travailler sur des petites pièces. C'est là que j'ai découvert un boulot qui me plaisait vraiment... un second déclic en quelque sorte. L'expérience n'a pas duré longtemps car j'ai été licencié au bout de quelques mois . Fort de cette expérience, m'étant dit que je n'étais pas plus mauvais qu'un autre et ayant constaté parallèlement que la production Leblon-Delienne était axée essentiellement sur des licences importantes sur des personnages classiques de la BD genre Astérix, Tintin et Lucky Luke, j'ai pensé tout de suite à exploiter un autre créneau en me dirigeant vers d'autres auteurs BD.

Ses connaissances en BD

P.Rodier : Très classiques. Je connaissais bien évidemment Astérix, Tintin, un peu Lucky Luke. Je suis resté très longtemps dans l'ignorance. Mon inculture BD m'a certainement aidé et l'avis d'un libraire rouennais m'a probablement influencé au début lorsque j'ai réalisé la première statuette du Fourreux de LOISEL. La Quête de l'Oiseau du Temps marchait très bien et il n'y avait pas encore de produits dérivés autour. J'en ai donc profité. Ensuite LOISEL m'a fait rencontrer PTILUC avec lequel nous avons réalisé Le Rat.

Création de sa société et du nom Fariboles Productions

P.Rodier : J'ai cherché avant tout un nom au titre un peu dérisoire pour bien montrer que je n'avais pas l'intention de tout miser sur mon nom, ni de casser la baraque. J'ai trouvé que Fariboles, cela sonnait bien et que cela collait bien dans l'esprit de ma personnalité et de ce que je voulais faire. Fariboles, cela signifie des paroles sans importance. J'ai rajouté Productions pour aller un peu plus loin dans la dérision. Productions avec un s. J'y tiens beaucoup... Cela fait vraiment grosse entreprise. Ce qui marrant aujourd'hui, c'est que certains ne me connaissent ou ne m'interpellent que sous le nom de Mr Fariboles.

Fonctionnement de sa société

P.Rodier : Avec au tout début, en Septembre 93, la ferme intention de créer mon propre emploi et de n'embaucher personne d'autre. Je me suis très vite aperçu que, seul dans une journée, on pouvait difficilement sculpter, peindre, emballer, répondre au téléphone, faire la comptabilité, gérer les stocks et balayer. J'ai donc très vite embauché une puis deux personnes pour me seconder. A l'heure actuelle, on est six. On a tous une fonction commune : la production. Chacun a sa spécialisation (secrétariat, contrôle de qualité, emballage et gestion des stocks). Je crois qu'on est arrivé à un bon rythme de croisière et qu'on a trouvé notre place sur le marché, notre taille d'atelier et notre effectif. On a aujourd'hui notre image de marque et on n'a pas l'intention d'en changer, à savoir d'aller vers la grande production.

Pour moi, il y a 2 types d'entreprises et je situe Fariboles Productions en dessous des entreprises du genre de Leblon-Delienne, Démons et Merveilles, Attakus qui sont plus importantes et plus anciennes que la mienne, qui travaillent d'une manière générale avec des licences plus importantes et au-dessus de petites entreprises qui vont intervenir plus ponctuellement, qui ont leur place à trouver, ou même des particuliers. A nous de nous en défendre en essayant d'affirmer et de confirmer notre qualité de travail.
Je n'ai pas d'équipe de commerciaux capable d'occuper le terrain. On mise avant tout sur la qualité de nos produits. On essaye, bien sûr, de se protéger de la concurrence au départ et on veut trouver des licences que tout le monde n'attend pas forcément. Entre le personnage de Titeuf réalisé par Démons et Merveilles et le mien, il y a des écarts de prix importants. Si le produit final est très comparable, ce n'est pourtant pas fabriqué de la même façon, le prix est différent et la diffusion n'est pas la même. Je n'ai pas envie de me battre là-dessus. On ne fait pas tout à fait le même métier et aujourd'hui, la notoriété de notre atelier, de l'étiquette Fariboles, permet, je l'espère, à nos produits d'avoir une espèce de valeur ajoutée.

Les étapes entre le dessinateur, l’éditeur et la réalisation de la statuette en passant par sa fabrication ?

P.Rodier : Au départ, l'étincelle jaillit d'une conversation avec un libraire ou un ami. Quand l'idée a fait son petit bonhomme de chemin, je prends contact avec l'éditeur ou directement avec l'auteur. On essaye de bâtir ensemble un projet, de trouver l'approche, la statuette qui pourrait être intéressante, un personnage de la série.
Tout d'abord, je réalise un prototype, une sculpture en mastic polyester, un matériau dur qui sert à reboucher les carrosseries de voiture. Une fois la sculpture terminée, je fais des photos que je soumets au dessinateur pour qu'il me donne ses premières impressions sur des détails et sur l'attitude générale du personnage qui peut évoluer quand on voit le volume.
En général, j'ai la réputation d'être assez souple et je sais très bien qu'à un moment donné, bien que je tente toujours de les surprendre en leur montrant une autre facette ou une autre attitude de leur personnage, il faudra qu'ils se réapproprient leur personnage en modifiant des détails, modifications d'ailleurs qui vont toujours dans le bon sens car ce sont avant tout des graphistes. Ils ont l'œil et c'est forcément le bon. A force d'être toujours collé à 2 cm de la sculpture, on ne voit plus tous les détails. Bien entendu, il ne faut pas tomber dans l'excès et il faut que j'arrive à mettre un frein et un terme à leurs remarques et leurs exigences. Il n'y a pas si longtemps, JANRY, par exemple, m'a répété cent fois que la tête du Petit Spirou était une boule. En sculpture, si tu fais une boule, cela ne fait pas un Petit Spirou. Finalement on discute et on finit toujours par trouver un espèce de compromis entre le dessin pur et le volume d'une statuette en 3D.

Le temps pour réaliser une statuette ?

P.Rodier : Si j'arrive à ne pas m'enferrer sur des détails, j'avance très vite sur le personnage. C'est parfois de la chance. Avec Major Jones par exemple, j'ai eu l'impression d'avancer très très vite parce que j'ai travaillé avec un modèle...
En même temps que la sculpture, j'essaye de visualiser le découpage et la façon de rendre la statuette facile à produire, c'est à dire facile à mouler avec des pièces de formes assez simples, facile à poncer avec des plans de joints accessibles et facile à peindre. Arrivé à ce stade et en accord avec l'auteur, je confie les pièces à un mouleur qui réalise les moules et les tirages en série. Je lui achète les moulages d'après un prix convenu. On passe ensuite au dégraissage des pièces à l'acétone, on les ponce, on prépare leur surface à la peinture. Pour les couleurs de fond, on utilise l'aérographe. Pour les détails on les peint au pinceau. On assemble les pièces et on les emballe.
pour la couleur chair des personnages, on se fournit chez Casto. Par contre, pour le noir, il faut acheter une peinture de grande qualité, donc assez chère, qui puisse bien couvrir même si elle très diluée. De préférence, on utilise des peintures acryliques, plus fragiles peut-être que les peintures vinyliques ou Glycéros, mais qui se mélangent facilement et qui ont un temps de séchage assez court.
Les moules qui sont en élastomère, s'usent très rapidement. Il faut donc les refaire au bout d'un certain temps. Par contre, on garde les prototypes. Si on le voulait, on pourrait refaire par exemple la statuette du Rige qui s'est épuisée rapidement mais là, on passerait vraiment pour des Charlots.

L’assemblage de la sculpture

P.Rodier : On se débrouille toujours pour que les parties assemblées se trouvent à des endroits invisibles, par exemple une main qui rentre dans une manche, un cou qui rentre dans un col, etc... Par contre, elles sont d'une énorme fragilité. Sachant que ces objets ne sont pas trop manipulés et dès lors où elles passent le test du transport, normalement, il ne leur arrive plus grand chose

Après la fabrication, la diffusion

P.Rodier : On a deux types de diffusion parallèles. Le premier, que l'on gère personnellement, est constitué par tout un ensemble de librairies spécialisées BD françaises qui constitue environ 120/130 points de vente. Le second type, ce sont mes diffuseurs à l'étranger : Mosaïques pour le Bénélux et la Suisse, un autre pour l'Allemagne et un troisième pour le Canada.

Pourquoi y a-t-il des tirages limité et des tirages illimités ?

P.Rodier : C'est une décision qu'on prend en général au début avec l'auteur, l'éditeur de la série et mon diffuseur avec ses libraires. Pour Jones, par exemple, on a failli se planter pour le tirage. La série XIII est une série tout public qui se vend à plus de 400000 exemplaires. Tout ce petit monde convergeait vers l'idée d'en faire une série limitée à 500 exemplaires. Arrive le Salon d'Angoulême 2000 où je présente la statuette Jones. Résultat : à eux seuls, le Bénélux et la Suisse en ont voulaient 500 exemplaires ! Finalement, j'ai pris la décision de faire un tirage limité à 999 exemplaires avec dessin inédit de Vance. On va peut-être la voir un certain temps en vitrine, le temps qu'un autre album de XIII arrive et relance la vente. Mais au moins, contrairement à la statuette du Rige qui n'avait été tirée qu'à 500 exemplaires et que l'on me demande toujours, je n'aurais pas de regrets.

Vente uniquement aux distributeurs, pourquoi ?


P.Rodier : C'est une façon de travailler et cela n'entre pas du tout dans mes objectifs. Je n'ai absolument pas envie d'avoir à contacter 1000 collectionneurs, d'envoyer des mailings à chaque fois que je prépare une nouvelle statuette. Il me semble difficile de gérer une telle situation. J'aurais l'impression d'éparpiller notre chiffre d'affaires sur une multitude de personnes avec, en prime, le risque de détérioration pendant le transport. C'est pour ces raisons que je m'en remets directement aux libraires et aux diffuseurs. Je comprends très bien que si je traitais avec les particuliers, ma marge serait meilleure mais je n'ai vraiment pas envie de travailler comme cela. J'ai plus envie de me pencher et de résoudre certains problèmes techniques ou d'organisation dans notre atelier.


Pour terminer, qu'est-ce qui fait courir le futur acheteur de statuettes BD ?

P.Rodier : Je ne sais pas vraiment quel est le fait qui déclenche l'achat ... Vraisemblablement l'envie de retrouver ses héros de papier en 3D, le souvenir, la nostalgie des BD de son enfance ou simplement le coup de cœur pour ces figurines


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